L'Atelier des Mots 2006
Ecrire est un acte d’amour de soi

Ecrire est un acte d'amour et d’authenticité qui passe par la main et qui rétablit une meilleure circulation énergétique dans le corps. Ecrire est un acte de courage qui implique des remises en question, des angles de vue différents, des risques.
Par guérison, j'entends un processus de remise en harmonie des corps physique, émotionnel, mental. L'atelier d'écriture est un espace où je m’autorise à être moi, où je me libère des carcans et retrouve l'estime de moi.
Je passe mes émotions comme des portes au cœur d’une écriture qui dévoile. On se relit sans analyser et la manière dont c'est formulé, les mots oubliés, incohérences, lapsus, contradictions, nous révèlent…
La guérison suppose une rééducation comparable à la rééducation physique. On se débarrasse d'anciens comportements pour en créer d'autres et les muscles sont atrophiés, tendus ou hyperdéveloppés.
Cela suppose aussi du courage pour ne pas revenir au confort du comportement ancien et pour maintenir une nouvelle attitude. Comme en médecine, il y a une écriture qui agit sur les effets apparents et apporte une aide ponctuelle.
Et une écriture qui agit sur les causes, les couches profondes de la mémoire, les contenus inconscients, la source énergétique des problèmes. L'écriture nous précède en quelque sorte car elle révèle différents mois qui cohabitent. En me connaissant mieux, je peux mieux me réconcilier avec ma vérité et me guérir.
Qu’est – ce qui confère à l’écrit son efficacité ? Sa puissance libératoire crée un état second faisant tomber les barrières de la conscience. L'utilisation symbolique voire incantatoire et magique qu’il permet en jouant autrement le passé.
Il favorise l’analyse qui amène prises de conscience et morts symboliques et présente un caractère inoffensif pour lui et les autres. Le potentiel de performance de l’écrit se réalise d'autant plus qu'on se laisse écrire et qu'on partage ses écrits avec d'autres.
Le partage est un acte de courage qui fait sortir le secret sous le regard bienveillant de l'autre. Le fait de se confier à quelqu'un au lieu de se trahir pour être accepté a un effet bénéfique immédiat.
Le lâcher prise est déjà
un acte libérateur, un acte d'amour pour
soi. Il suppose qu'on s'autorise à tout
laisser venir, qu'on se détende, qu'on
dispose d'un crayon qui crayonne et d'une à
deux heures de temps libre.
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Etre essentiel et être apparent

Toute souffrance est causée par la chute originelle dans la matière, la rupture avec l'être essentiel. L’être réel : c'est l'enfant qui naît et qui se construit. Jusqu'à l'âge de 6 ans, il combine être essentiel et histoire individuelle.
Les infos reçues depuis la conception, les tabous, le contraintes, le interdits, vont plus ou moins produire des blocages d'énergie et jeter des voiles sur l'être essentiel.
Quand l'être réel est proche de l'être essentiel, il se caractérise par son énergie, son autonomie de décision, son insouciance du lendemain, sa confiance en lui et en l'autre, sa capacité d'apprentissage, son indifférence à la mort, son sens du don, son activité sexuelle qui le met en contact avec l'énergie cosmique.
Sinon, l'être réel devient être apparent. A partir de 6 ans, pour être aimé, il se construit comme un compromis acceptable entre l'être réel et le système auquel il est soumis. En quelques secondes, confronté à des milliers de souvenirs, selon approbation ou désapprobation du groupe de référence, le désir le plus profond est autorisé ou rejeté.
Ce grand écart avec soi consomme de l'énergie et dégrade la santé. Le mal être vient de ce que je ne reconnais pas la lutte de l'être apparent avec l'être réel. Fatigue, manque de confiance, allergie, angoisse, difficulté de communication sont autant d'indicateurs de conflits.
Comme une plante contourne un obstacle, on peut intervenir sur soi, sur la situation, sur la relation entre les deux. Dans la situation qui fait problème, est – ce l’être réel ou l’être apparent qui est dérangé ?
Par l'écriture on débusque les mécanismes mis en place par l'être apparent pour ne pas remettre en question le système où il est. Par l'écriture on fait apparaître des réponses de compensation et des réponses de l'être réel.
Quand on choisit l'être réel, on est animé d'une énergie nouvelle qui nous fait agir d'une façon nouvelle. La guérison passe par le déconditionnement de l'être apparent et la libération des émotions attachées aux événements ayant bloqué l'énergie de l'être réel.
Qui dit changement dit renoncement. Tant que cela m'est possible, je refuse les deuils à faire sur moi et ce à quoi " je ", l'être apparent, suis attachée : biens matériels, personnes, animaux, souvenirs, idées, opinions, rêves d'enfance, d'adolescence, émotions, idéaux, principes, modèles, préjugés, idées toutes faites, projections, valeurs, déceptions, rancunes, ...
Je préfère le connu à l’inconnu parce que tout deuil est double : renoncer c'est assumer le deuil initial (l'abandon d'un comportement reconnu stérile) et le deuil connexe. Le deuil connexe pèse plus lourd que le deuil initial.
Il s'agit entre autres des efforts consentis au nom de ces biens matériels, personnes, etc…, du sentiment de s'être trompé, d'être passé à côté de, de ne pas avoir vidé une querelle, des années de sa vie…
Tout deuil suggère une trahison par rapport à ses illusions et surtout l’idée de la mort doublement douloureuse de par son caractère définitif ( d'où la tentation de la négociation : j'arrête de fumer sauf à la fin des repas) et son caractère d'attachement à…
Si le renoncement est perçu comme la mort de soi, c'est parce que je m'identifie à ce que je possède de plus cher, à commencer par ce qui me vient de l'enfance. Renoncer à cela c'est renoncer à son enfance
Pour transformer sa vie en réalité féconde, il convient de regarder ses rêves de façon éveillée et de sélectionner ceux qui sont les plus constructifs. L'enjeu d'apprendre à mourir c'est d'apprendre à vivre.
Sur le chemin de la renaissance
et de la vie de plus en plus vivante, il faut
plonger dans l’inconnu, être disponible
au nouveau en acceptant de renoncer à
notre conditionnement d'être apparent
et en laissant émerger notre être
réel lui même inspiré par
l'être essentiel.
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